« Voir des émotions sur les visages de ces enfants, c’est la plus belle récompense pour nous » : Steeve Elana, ancien joueur professionnel, fait partie du staff de la Champions Cup REKUPO  

Ancien gardien de but professionnel passé par le Stade Brestois ou encore l’OM, Steeve Elana fait partie du staff de la Champions Cup REKUPO, fondée par l’ex-marseillais Jean-Christophe Marquet. Il nous a livré ses sentiments avant la tenue de cette 16ème édition. Entretien.


En tant que sportif de haut-niveau, comment transmettez-vous votre regard sur le monde professionnel à ces jeunes ?

« Nous avons souvent des échanges, notamment avec les gamins de la Team France. Le but est d’abord de les accompagner à démystifier l’évènement car, pour certains, il y a une certaine forme de pression.

Cela va se porter d’abord sur des corrections techniques. Sur des questions aussi autour du monde professionnel, par exemple les enfants veulent parfois savoir si nous étions dans des clubs amateurs avant de devenir professionnels, comment les choses se sont passées pour nous, comment les avons-nous appréhendées… Pour certains, on essaye de leur raconter notre parcours. C’est important car cela leur permet de comprendre que nous aussi on est passés par là et qu’avec du travail on peut y arriver. »


Qu’est-ce qui vous a poussé à faire partie de ce projet ?

« La transmission. Depuis l’arrêt de ma carrière, je suis entraîneur d’une structure féminine, donc je porte un certain attrait pour le développement du football féminin. C’est important de leur trouver une vraie place, de faire en sorte que le sport féminin s’accroît…

Deuxième raison : être avec d’anciens coéquipiers et amis, sur des étapes où l’on va justement faire un transfert de certains valeurs. Prendre du plaisir, encore aujourd’hui, sur des déplacements puisqu’on part avec des gamins faire des tournées (Guyane, Doha, Martinique, NDLR) autour d’un rassemblement avec la Team France. Voir ces gamins prendre l’avion pour la première fois… Ce sont des choses qui marquent une vie. »


Au-delà du simple aspect sportif, pensez-vous que le rôle éducationnel que la compétition porte sur les enfants est essentiel et doit se dupliquer sur toutes les structures sportives ?

« Nous, la chance qu’on a en n’étant pas un club, c’est qu’on veut des résultats immédiats car on est compétiteurs. Après les résultats ne vont pas changer le fond de notre engagement. Aujourd’hui, un coach va se baser sur des résultats. Nous, notre priorité est que les enfants se sentent dans un environnement où ils peuvent donner le meilleur d’eux-mêmes avec des coachs et un staff qui représentent des réels soutiens pour eux. Avec lesquels ils peuvent échanger aussi bien sur leur vie quotidienne que sur des problématiques sur le terrain, avec un entraîneur… 

Nous on est des relais, on est des grands-frères. Et on fait aussi en sorte de démystifier l’évènement, pour faire en sorte qu’ils soient le meilleur possible, afin qu’ils soient repérés par des clubs professionnels. C’est un peu le Graal pour ces joueurs issus de clubs amateurs de se retrouver dans les convoitises de ce genre de clubs. »


Avant de construire des joueurs et des joueuses, c’est aussi important de construire des jeunes hommes et femmes ?


« Bien-sûr, c’est essentiel. C’est pour cela que je détache complètement les résultats du rapport humain. Car ce rapport c’est la base de tout. Voir des émotions sur les visages de ces enfants, c’est la plus belle récompense pour nous. »


Pour revenir sur le sportif, en tant qu’ancien professionnel, comment travaillez-vous sur l’esprit de compétitivité chez les plus jeunes ?

« Quand on parle avec la Team France c’est encore différent, car quand les joueurs sont en club (durant l’évènement) on a pas trop d’emprise sur les matchs ou la façon dont les joueurs vont appréhender les rencontres. Maintenant, sur la Team France, c’est vraiment différent car on les a quelques jours avec nous. On développe certains rapports avec eux. On dessine certains cadres d’un groupe qui vont être responsabilisés au maximum, malgré leur jeune âge. On essaye aussi de ne pas trop bousculer leur personnalité.

Donc nous, en très peu de temps, on doit fédérer un groupe. Mais les conseils sont très simples. On essaye de mettre en place une forme de cadre et à l’intérieur de cela, on leur demande de s’exprimer pleinement sur le terrain. On passe aussi bien du terrain que la vie en communauté. »

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