Après une saison 2025/2026 en forme de montagnes russes, le descendeur niçois Matthieu Bailet tire le bilan. Entre un retour fracassant à Val Gardena et la déception des JO, le skieur de 30 ans a appris à composer avec son passé pour rester l’un des piliers de la vitesse française.
Dans le monde du ski alpin, on l’a longtemps étiqueté comme une « tête brûlée ». Matthieu Bailet, c’est cet engagement total, cette envie de découper la glace sans jamais freiner. Pourtant, au terme de cet hiver 2025/2026, c’est l’image d’un homme d’une grande lucidité qui domine. Une maturité acquise dans la douleur, après des années de doutes et de blessures.
Le déclic de Val Gardena
La saison avait pourtant débuté sous les meilleurs auspices. En décembre dernier, sur le Super-G de Val Gardena, Bailet rappelle à tout le monde pourquoi il appartient à l’élite. Parti avec le dossard 43, il s’offre une descente spectaculaire pour accrocher un top 5. Ce jour-là, on retrouve le grand Matthieu : précis, rapide et surtout libéré.
Ce résultat était crucial. Car après une année 2024/2025 qu’il qualifie de « plus dure de sa carrière« , une saison sans blessure mais sans résultats, où il n’avait « aucune excuse » ajoute-t-il, le Niçois devait prouver qu’il n’avait rien perdu de sa superbe.
L’épreuve olympique : la classe sans la déception
Le point de bascule de l’hiver survient en février. Malgré sa régularité, Matthieu Bailet n’est pas retenu dans la liste des Bleus pour les épreuves de vitesse des Jeux Olympiques 2026. Un coup du sort puisque pour des raisons un peu obscures, la France n’a pas eu le nombre de quotas escomptés, sacrifiant des forces vives de son effectifs comme Matthieu Bailet, Thibaut Favrot ou encore Alexis Pinturault.
Un coup d’arrêt brutal alors que la sélection semblait à portée de main. Loin de l’amertume, sa réaction a marqué les esprits : « Ce sera sans moi. Ma sélection s’est jouée à des détails. À ce niveau, il faut être indiscutable. Cet échec est une étape« .
Cette capacité à encaisser sans se plaindre vient de loin. Elle prend racine dans le traumatisme de sa chute en 2023, une commotion cérébrale qui lui avait fait « oublier quatre ou cinq heures de sa vie« . « Je me suis dit que cette vie était riche en vécu. C’est quelque chose qui me nourrit« , confie-t-il aujourd’hui.
Un skieur « les yeux plus ouverts »
Tout au long du mois de mars, Bailet s’est battu pour décrocher sa place aux Finales de la Coupe du Monde à Lillehammer. En ballottage jusqu’au bout, à la 24ème place du classement du Super-G, il a montré qu’il avait toujours sa place parmi les 25 meilleurs mondiaux.
Mais sur l’autre discipline de vitesse, la descente le chemin se montre plus périlleux. Redescendu au classement et prenant le départ avec des dossards compliqués, il devra se montrer une nouvelle fois résiliant pour retrouver le haut du panier.
S’il n’a pas encore retrouvé la régularité qui l’avait mené sur le podium à Saalbach en 2021, sa transformation est évidente. Bailet ne skie plus avec l’insouciance de ses 20 ans. « On se rend compte de plus de choses. On a les yeux plus ouverts, les sens davantage aux aguets« .
Cette saison 2025/2026 se referme sur un sentiment de travail accompli, malgré les embûches. Entre l’adrénaline de la vitesse pure et la gestion froide du risque, Matthieu Bailet a trouvé son équilibre.
Il reste ce « casse-cou » capable de coups d’éclat, mais avec une conscience du danger qui fait désormais sa force.
Le chiffre 5
C’est la place obtenue par Matthieu Bailet lors du Super-G de Val Gardena en décembre 2025, son meilleur résultat de la saison en Coupe du Monde.
Du tac-au-tac
Gagner le Gros Globe de cristal ou une médaille olympique ?
« Médaille olympique »
Alpes du Sud ou du Nord ?
« Sud »
La descente que tu veux absolument gagner ?
« La Streif de Kitzbühel »
Descente ou Super-G ?
« Descente«
Plutôt soirée dance-floor ou canapé/film ?
« On le fait trop rarement, mais dance-floor ! J’adore. Je suis pas un très bon danseur, mais j’adore, gros plaisir. »
Pour finir, seras-tu médaillé dans les Alpes en 2030 ?
« Aucun doute.«
Louis Asselin




