Le torball, un sport à tomber par terre !

Connaissez-vous le torball ? Un sport paralympique où non-voyants et valides enfilent un masque et cherchent à marquer un maximum de buts en lançant à la main un ballon sonore. Ce samedi, le club de l’ANICES a remporté, sur ses terres, la phase aller du championnat de France de division 1 masculine.

« Il n’y a pas de facultés ou de sens particuliers à avoir pour jouer au torball. C’est un sport inclusif, ludique et très accessible où l’on s’amuse entre copains », lâche Mikael Maunier, joueur de l’ANICES, l’équipe niçoise participant aux championnats de France de première division de torball. « Nous jouons à trois contre trois, chaque joueur est masqué puis mis sur un tapis où le but est de marquer des buts dans la cage adverse en faisant passer un ballon sonore sous des ficelles placées à 40 centimètres du sol », explique Sébastien Filippini, président et fondateur de l’ANICES en 2007.

Le ballon doit être lancé sous les ficelles pour ne pas commettre de faute ©Q.B

Ce samedi, au gymnase Albert-Malatesta à Nice, six équipes composées de joueurs voyants ou non sont réunies pour disputer les matchs allers de ces championnats de France. Dans une ambiance compétitive mais conviviale, le public a pu découvrir un sport peu médiatisé.

Silence, souplesse et mental

Dans un silence studieux et respectueux, les joueurs masqués s’échangent avec force un ballon sonore. Lorsque l’on s’installe dans les gradins, il ne faut pas perturber la perception du bruit du ballon. Si à premier abord l’ambiance peut paraître austère, rien de tout ça sur le terrain. Au fil des lancers, les joueurs se lèvent pour attaquer, se couchent pour défendre, applaudissent et s’encouragent pour se motiver.

Chaque trio est coordonné comme du papier à musique. « Il faut beaucoup travailler la technique et la souplesse, détaille François Dumont, entraîneur de l’équipe. On travaille principalement la défense, les balles à rebond et à effet. Il faut avoir une défense en béton armé pour énerver les adversaires et les pousser à faire des fautes ». Dans ce sport, les fautes permettent d’obtenir des coups francs où l’équipe pénalisée doit enlever un défenseur. Au bout de trois erreurs, l’arbitre siffle un pénalty, joué cette fois en un contre un.

Le silence est primordial aux abords du terrain pour bien entendre le bruit du ballon ©Q.B

Au torball, même si une grande souplesse est de mise, il y a une grande part de mental et parfois de vice. « C’est un sport d’équipe qui se joue individuellement. Si un joueur n’est pas bien mentalement, l’équipe en pâtit, avoue le coach. Il faut aussi savoir mettre à mal psychologiquement les adversaires en faisant du bruit ou en cassant le rythme par exemple ».

Nice en tête devant son éternel rival

Sur le plan sportif, les Niçois ont réussi, ce samedi, l’exploit de terminer en tête de la phase aller. Ils ont remporté quatre victoires en cinq matchs et marqué 44 buts (meilleure attaque de la compétition, NDLR). Cette performance place les Azuréens dans la meilleure des positions avant d’aller disputer les matchs retours, fin mai à Lisieux.

Il faut surtout souligner le fait que Nice termine devant l’équipe de Toulouse, multiple championne de France et éternelle rivale de l’ANICES. « On a été champions en 2019, se remémore le président et joueur Sébastien Filippini. Mais depuis, on fait tout le temps deuxième derrière les Toulousains. Aujourd’hui ils nous ont battu mais on a gagné les matchs importants et aux points on est devant ». Mikael Maunier, membre de l’effectif, affirme que les deux équipes ont « un jeu équivalent ». De quoi s’assurer d’une revanche au printemps pour la couronne nationale.

Quentin Barbaza

Sébastien Filippini accompagné de François Dumont portant la flamme paralympique des Jeux de Paris 2024 à Antibes © DR

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