Douzième défaite de rang pour le Stade Niçois ce vendredi soir face à Aurillac (18-29). D’innombrables fautes de main et de défense ont eu raison, une nouvelle fois, des hommes d’Alexandre Compan. Cette fois, Nice touche le fond et le mental est atteint.
Mais jusqu’où tomberont les Niçois ? Engrainés dans un infini chemin de croix, noyés dans un puits sans fond. Chaque week-end la chape de plomb qui les coule vers la descente semble être un peu plus lourde. Ce vendredi soir face à Aurillac (18-29), pour une énième défaite consécutive (la douzième s’il fallait les compter), Nice a semblé perdre bien plus qu’un match. Elle a tout bonnement perdu son rugby. Des attaques trop prévisibles, un nombre de ballons tombés à se demander si les joueurs avaient envie et une défense perméable comme depuis trop souvent. Pas grand-chose n’a fonctionné. « C’est long, c’est dur, ça fait beaucoup, regrette Thibault Dufau, revenu à la mêlée après deux mois d’absence. C’était une opportunité de plus pour pouvoir remettre la machine en route. De l’extérieur on doit ressembler à une équipe qui manque de solutions », peste-t-il.

Dans un stade Marcel-Volot qui se dégarnit de plus en plus, le Stade Niçois n’a jamais été en mesure d’inquiéter une équipe d’Aurillac qui n’a « rien fait d’extravagant », d’après Jamie Cudmore. Dès la 5e minute, Ugo Seunes alerte son ailier Pieters d’une passe au pied d’école. Plus habile que Simon Delas, l’aurillacois pointe en coin mais l’arbitre signale un plaquage dangereux, excluant Lucas Oudard pendant dix minutes.
Une supériorité numérique ne profitant pas aux Niçois, loin de là. Toujours aussi fébriles sur les ailes, ils encaissent le premier essai trois minutes plus tard. Axel Bevia est encore à la réception d’un jeu au pied du maestro cantalien, Ugo Seunes (0-5, 8e). Si Nice réagit grâce au pied de Paul Auradou (3-5, 12e), la pression est toujours aussi forte sur l’en-but azuréen.
Les en-avants, quelle plaie !
Pourtant les intentions sont là. La troisième-ligne (Berenguel, Smiler, Suaud) tente, comme à son habitude, de faire vivre le cuir après contact mais derrière, rien. Les ballons tombent trop souvent ou alors les passes volent vers l’avant. À l’image de ces trois transmissions consécutives en avant de Christa Powell au moment de mettre Andrzej Charlat sur orbite (18e, 22e, 25e). En une mi-temps, Nice comment huit en-avants. Beaucoup trop. « Dans les meilleures équipes aussi il y a des fautes de main, des mecs qui se trompent, ça arrive. Sauf que nous, la moindre petite erreur ou ballon tombé, c’est un engrenage qui se met en route et on court après le score tout le match », analyse Thibault Dufau.
Aurillac profite de ces erreurs et Oudard aggrave le score (3-12, 29e) avant qu’Ugo Seunes continue de s’amuser avec son pied gauche en claquant un drop (3-15, 36e). Au moment de retourner aux vestiaires, les mines sont défaites, les bras tombent. Nice n’y croit déjà plus.
⚡️LE DROP PLEIN DE MALICE D’UGO SEUNES ! 🟥🟦
— 𝗧𝗨𝗥𝗡 𝗢𝗩𝗘𝗥: 𝘙𝘶𝘨𝘣𝘺 – 𝘚𝘤𝘰𝘶𝘵 (@TurnOverFR) February 7, 2025
Dans un match capital pour le maintien, le demi d'ouverture de @SArugbyofficiel livre une prestation solide. 👀 pic.twitter.com/KwxzSO4bV2
Des actions symptomatiques
Preuves : cette chandelle tapée et récupérée par Ugo Seunes alors que trois niçois se regardent à la réception. Ou cette passe anodine à première vue, de Mathis Viard, trop dans le dos de Charlat alors que l’attaque était gagnante avec un trois contre zéro à jouer…
Et quand Aurillac a le ballon, eux marquent trop facilement. Ofa Manuofetoa, semble jouer face à des espoirs lorsqu’il porte trois défenseurs niçois sur son dos avant de transmettre au demi de mêlée néerlandais, Boris Hadinegoro, filant entre les perches sans opposition (3-22, 44e). Bis répétita lorsque Nonkontwana zigzague dans une défense niçoise à l’agonie et envoie son compère de la seconde-ligne, Maël Perrin, dans l’en-but, renversant deux niçois sur son passage (8-29, 60e). « C’est trop facile », entend-on en tribunes.

Trois inspirations mais pas de sourire
La réaction d’orgueil niçoise n’intervient qu’après l’entrée de Jules Solinas mettant un peu de vitesse. C’est lui qui marque le premier essai des locaux, en filou, au bord d’un ruck (8-22, 57e). Charlat, lui aussi, y va de son éclair après une percée de 60 mètres envoyant Simon Delas dans l’en-but (13-29, 68e). Avant que Paul Auradou ne l’imite, après la sirène, d’une nouvelle course plein champ pour servir Christiaan Erasmus sur l’aile (18-29, 81e). L’ailier sud-africain inscrit son sixième essai de la saison (meilleur marqueur du club).
Trois beaux essais, privant Aurillac d’un hypothétique bonus offensif, mais qui n’atténue pas la soupe à la grimace. Car si Nice marque des essais, elle encaisse beaucoup trop de points (30,7pts par match depuis le début de la saison, soit la plus mauvaise défense, ndlr). « On arrive quand même à marquer trois essais mais pour exister faut prendre moins de points. Sinon c’est trop dur de remonter, avoue clairement Dufau. Rugbystiquement on est moins bons que les autres. Mentalement l’équipe est en difficulté, on a du mal à relever les têtes »
« Ne pas se pointer du doigt »
Une défense dont on a du mal à percevoir la patte de Jamie Cudmore, arrivé il y a un peu moins d’un mois. « Je suis là depuis quatre semaines, je ne veux pas parler de négatif, toise l’ancien seconde-ligne de l’ASM Clermont. J’ai connu des périodes de doute comme ça quand j’ai commencé à entraîner à Oyonnax. Le seul moyen pour repartir de l’avant c’est bosser et faire attention aux détails. Il ne faut pas se pointer du doigt les uns les autres.»
Si l’issue de la saison ne fait guère de doute, le club se doit de terminer la tête haute ce championnat. Sur les onze rencontres à disputer encore au niveau professionnel, Nice se doit au moins de changer de visage car ce n’est pas à celui-là que le club azuréen nous a habitué il n’y a ne serait-ce qu’un an…
Quentin Barbaza