Pour la première fois depuis quinze matchs, le Stade Niçois s’est imposé hier soir face à Agen (31-29). Grâce à une entame maîtrisée et un mental d’acier pour revenir dans le final, Nice a cette fois fait un match plein. Un soulagement.
Ce rendez-vous face à Agen, ils l’avaient coché. Les Niçois sont allés chercher la victoire comme des grands, au forceps ! Ils connaissaient la frilosité des Lot-et-Garonnais, eux qui s’étaient déjà imposés à Armandie au match aller. Hier soir, les 1200 spectateurs de Marcel-Volot ont enfin pu quitter la plaine du Var le sourire aux lèvres, tout comme le manager, Alexandre Compan. « Je suis très content, ça fait du bien, même si je suis fatigué », avoue-t-il après la rencontre.
De la fatigue due à une rencontre harassante physiquement pour les joueurs et moralement pour ceux qui la suivent au bord du terrain. Car Nice est passée par toutes les émotions ce vendredi soir. Pour briser la spirale infernale de 15 matchs sans victoire, les Azuréens s’en sont remis dès le début du match à un ancien de la maison agenaise. Baptiste Lafond punit son ancien club au terme d’un mouvement en première main conclu sur l’aile (5-0, 10e).

La suite du premier acte est à l’avantage des Niçois. Agen commet des maladresses et concède trop de pénalités. Des fautes que le jeune de 18 ans, Flavio Asquini, titulaire à l’ouverture pour la première fois de la saison, convertit en points à trois reprises (14-0, 22e, 33e, 37e). Avec ce matelas confortable et une supériorité numérique suite au carton jaune contre Vincent Farré (36e), Nice se laisse un peu aller. Agen réagit sur la sirène grâce à John Madigan (14-7, 40e).
Un gros trou d’air…
Au retour des vestiaires, Agen tient la balle et pense revenir à hauteur grâce à Etcheverry (47e) mais l’arbitre de la rencontre, Mme Aurélie Groizeleau, refuse l’essai pour un en-avant au préalable. Un sursis que les Niçois vont mettre à profit grâce à leur recrue d’expérience, Jordan Taufua. Le Samoan, ancien capitaine du LOU Rugby, plonge dans l’en but dans la foulée après une percée d’Erasmus (21-7, 51e).
Si tout le monde croît que cet essai va éteindre les ardeurs agenaises, que nenni ! Au contraire, Nice va, comme souvent, avoir un très gros passage à vide, faisant frissonner les tribunes. Sur le renvoi de l’essai de Taufua, Solinas est contré. Le ballon vit jusqu’à l’aile et cette fois, l’ailier du SUA, Iban Etcheverry, marque bel et bien son neuvième essai de la saison (14-12, 53e). S’en suit un essai de pénalité et un carton jaune contre les Niçois (59e) puis une quatrième essai lot-et-garonnais de Tolot. Le score passe de 21-7 (51e) à 21-26 (63e) et l’ouvreur visiteur, Billy Searle, ajoute même trois points supplémentaires (21-29, 67e). En un quart d’heure, Nice prend un coup de massue derrière les oreilles avec un 0-22 encaissé.

…puis la révolte
Mais cette fois, les Azuréens n’abdiquent pas. Ce succès ils le veulent et donc ne baissent pas les bras comme ils en ont souvent été coupables. « On a cru vivre encore une fois un remake, détaille Alexandre Compan. Mais on s’est accroché à un infime espoir et pour une fois ça tourne pour nous ». Regonflés de confiance après deux bonnes performances face à Montauban et Mont-de-Marsan les semaines passées, les joueurs renfilent le bleu de chauffe et partent à l’abordage de l’en-but agenais. Une terre promise où plonge d’abord Pierre Strippoli derrière un groupé pénétrant (26-29, 71e). Avant que Baptiste Lafond inscrive un doublé pour faire exulter et frémir Marcel-Volot (31-29, 76e). Agen a un dernier ballon mais commet une énième faute de main.
Nice s’impose pour la première fois depuis le 18 octobre 2024 et un match à Aurillac. « La saison est longue et difficile, c’est un métier énergivore, surtout quand on perd 15 fois d’affilée. On a mangé notre pain noir, on s’est remis en question. Ce soir je suis très fier du groupe, je vais profiter », savoure Alexandre Compan. Si ce succès ne change en rien le destin du club qui s’écrira à 99 % en Nationale, il vient mettre du baume au cœur d’un groupe qui en avait vraiment besoin…
Quentin Barbaza